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Combien de tampons mettre sur une carte de fidélité ?

10 cases, c’est le réflexe. Chez un barbier, c’est presque un an d’attente. La méthode pour choisir, commerce par commerce.

Publié le 15 octobre 2026 · par l’équipe Poinety

Dix cases, c’est le réflexe. Pour un café où le même client passe tous les matins, c’est très bien : la carte se remplit en deux semaines. Chez un barbier où l’on vient une fois par mois, les mêmes dix cases font attendre la coupe offerte presque un an. Autant dire qu’elle n’arrivera jamais dans la tête du client.

Le bon nombre de tampons dépend de deux choses seulement : à quel rythme vos habitués reviennent, et ce que la récompense vous coûte. Voici comment le régler.

La règle : la récompense doit rester en vue

Une carte de fidélité marche parce que le client voit la récompense approcher. Ce n’est pas qu’une intuition. Des chercheurs ont suivi la carte d’un vrai café (« 10 cafés achetés, 1 offert ») : plus les clients approchaient du café offert, plus ils revenaient vite. En moyenne, le temps entre deux achats baissait de 20 % au fil de la carte1.

Une autre étude, dans une station de lavage auto, a comparé deux cartes demandant exactement le même nombre de lavages payés : une carte de 8 cases vides, et une carte de 10 cases dont 2 étaient déjà tamponnées au départ. Neuf mois plus tard, 19 % des clients avaient rempli la première, contre 34 % pour la seconde2. Même effort, presque deux fois plus de cartes finies : ce qui compte, c’est l’impression d’avancer.

Deux conséquences pratiques pour votre carte :

  • Le premier tampon se donne dès la première visite. Pas « à partir du deuxième passage ». Une carte entamée motive ; une carte vide s’oublie.
  • La fin doit être atteignable. Si vos habitués ne voient jamais la récompense approcher, ils n’entrent jamais dans cette zone où l’on accélère. Une bonne carte se remplit en quelques semaines pour un commerce de tous les jours, en quelques mois au maximum pour un commerce mensuel.

Étape 1 : à quel rythme reviennent vos habitués ?

Pensez à vos vrais habitués, pas au client de passage. Combien de fois viennent-ils par mois ? Puis faites le calcul à l’envers : tampons ≈ visites par mois × nombre de mois avant la récompense.

Quelques exemples, à adapter à votre clientèle :

CommerceRythmeTampons
Café, client du matin5 fois par semaine102 semaines
Pâtisserie, boulangerie3 fois par semaine103 à 4 semaines
Restaurant, habitué du midi2 fois par semaine81 mois
Fast-food, pizzeria1 fois par semaine6 à 81 mois et demi à 2 mois
Barbier, coiffeur1 fois par mois5 à 65 à 6 mois
Boutique en ligne1 commande par mois4 à 54 à 5 mois

Si vous ne connaissez pas le rythme de vos habitués, partez sur 10 pour un commerce de tous les jours et sur 6 pour un commerce où l’on vient une fois par mois. Avec une carte digitale, vous verrez vite dans votre tableau de bord combien de clients reviennent, et à quels jours.

Étape 2 : ce que la récompense vous coûte

Le nombre de tampons fixe aussi la part de votre chiffre que vous rendez. Prenez un exemple : un café vendu 2,5 DT, une carte de 10 tampons, un café offert au bout. Le client a payé 10 cafés, soit 25 DT, et vous lui en offrez un. Ce café ne vous coûte pas 2,5 DT : il vous coûte son prix de revient, la matière et un peu de temps. Rapporté aux 25 DT encaissés, c’est quelques pour cent.

La règle qui en découle :

  • Petite récompense (une boisson, une viennoiserie, une taille de barbe) : carte courte, le client la gagne souvent.
  • Grosse récompense (un repas, une pizza, une coupe) : carte plus longue, ou une récompense qui vaut moins qu’un ticket moyen.

Pour le faire avec vos chiffres plutôt qu’avec un exemple, le calculateur de rentabilité fait le bilan en quelques secondes : visites en plus, coût des récompenses, ce qui reste dans votre caisse.

Les erreurs qui font échouer une carte

  • Trop de cases. Une carte de 20 tampons chez un commerce où l’on vient deux fois par mois, c’est une récompense dans dix mois. Personne ne s’en souvient.
  • Une récompense floue. « Une surprise » ou « -10 % » ne fait pas rêver. « Café offert », si.
  • Changer la règle en cours de route. Un client à 7 tampons sur 10 qui découvre qu’il en faut maintenant 12 se sent floué. C’est pour cette raison que, chez Poinety, le nombre de tampons reste figé une fois la carte validée — la récompense et le design, eux, se changent à tout moment.
  • Une récompense qui mange la marge. Si vous hésitez à l’offrir, c’est qu’elle est trop chère pour la longueur de la carte.

En résumé

Un commerce de tous les jours : 8 à 10 tampons. Un commerce de chaque semaine : 6 à 8. Un commerce de chaque mois : 4 à 6. Une récompense que vous offrez avec plaisir, et un premier tampon dès la première visite. Le reste, votre tableau de bord vous le dira au bout de quelques semaines.

Et pour choisir la récompense elle-même, voici 25 idées de récompenses, commerce par commerce.

Sources

1. Ran Kivetz, Oleg Urminsky et Yuhuang Zheng, « The Goal-Gradient Hypothesis Resurrected: Purchase Acceleration, Illusionary Goal Progress, and Customer Retention », Journal of Marketing Research, vol. 43, février 2006, p. 39–58.

2. Joseph C. Nunes et Xavier Drèze, « The Endowed Progress Effect: How Artificial Advancement Increases Effort », Journal of Consumer Research, vol. 32, n° 4, 2006, p. 504–512.

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